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Les coloureds, les créoles marginalisés d'Afrique du Sud

Publié le 22 Septembre 2019, 00:43am

Catégories : #international, #régional, #société

On connaît l'Afrique du Sud pour sa culture zoulou qui a fait le tour du monde. On connaît aussi cette terre pour le combat anti-apartheid, représenté par la figure presque paternelle de Nelson Mandela. La ségrégation violente entre noirs et blancs pendant plus de 400 ans, a nourri des soulèvements d'indignations populaires à travers le monde. Néanmoins il est une frange de la population sud-africaine dont on parle moins : les coloureds.

Les coloureds que l'on pourrait traduire par les colorés, représentent 9% de la population d'Afrique du Sud. 4 millions de personnes composent ce groupe humain. On les retrouve aussi au Zimbabwe ou en Namibie. Les origines ethniques des coloureds sont divers : khoisan, malais,  indiens, hottentots, Xhosa, mozambicains, malgaches, mauriciens, réunionnais, rodriguais, européens, khoikhoi, afrikaaners. Néanmoins, des études ADN mitochondrial ont démontré que cette population descend majoritairement des khoisan, les indigènes sud-africains. 

Les coloureds parlent un créole sud-africain spécifique, utilisé aussi par les membres du gang numbers. Le chômage est 29% plus élevé que la moyenne nationale, chez ces créoles oubliés de la fin d'apartheid. Le mot coloureds vient des autorités britannique, qui ont été incapables de définir ceux qu'ils ont péjorativement surnommé les "basters" (les batârds). Considérés comme une caste à part, la discrimination positive mise en place par le gouvernement ANC, ne leur a pas réellement permis de sortir leur épingle du jeu. Contrairement aux noirs ou aux blancs, les coloureds n'ont pas de place identitaire bien définie en Afrique du Sud. C'est une population qui trouve difficilement ses repères, dans un pays encore trop racialiste.

La criminalité est marquée chez eux, par un gang de prison considéré comme le plus brutal au monde, les numbers. Un groupe criminel né au 19e siècle chez les coloureds du Cap et qui sévit aussi bien en prison que dehors. A l'origine, le mouvement a été créé dans les mines pour combattre l'apartheid. Le gang accueille majoritairement des créoles sud-africains, quelques blancs et noirs en font partis. 

Les numbers ( les numéros) sont divisés en 3 groupes principaux, les 26 qui s'occupent du business de stupéfiants, les 27 sont les tueurs à gages et les 28 sont reconnus comme les parrains du gang. Ces derniers prennent toutes les décisions. Les numbers sont connus pour leur culture très brutale. Une punition fréquente chez eux est le viol collectif ou la multiplication des coups de couteaux lors d'éxécutions. 

Après 400 ans d'apartheid, le cas des coloureds n'est toujours pas défini et leurs spécificités ne sont toujours pas pris en compte.




 

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