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5 Rois marrons qui ont fait trembler les esclavagistes de la Réunion

Publié par Mickaël JORON sur 4 Octobre 2019, 21:26pm

Catégories : #histoire, #culture

Les archives réunionnaises regorgent de procès verbaux qui détaillent l'histoire de L'Empire Marron, qui a duré sur une période d'un peu plus de 100 ans. Les historiens comme Prosper Eve ont écrit des ouvrages complets sur le sujet et les contemporains de l'époque comme le journaliste Eugène Dayot (1810-1852), ont aussi fourni de précieux renseignements. Débuté en 1705 sous l'ère malgache de l'empereur Pitré, l'empire a connu son âge d'or en 1748 sous l'ère mozambicaine de l'empereur Baal. De fortes personnalités ont marqué cette période, des guerriers qui ont fait trembler le système esclavagiste de l'époque.

 

1- Le Roi Diamparé :

 

Le cauchemar des esclavagistes. le chasseur de noirs Mussard disait de lui en parlant à sa femme Marie : « le soir nous sommes obligés de rester éveillés, de peur que Diamparé ne vienne nous égorger dans la nuit ». Diamparé était d'origine mozambicaine, il était surnommé le Diable parmi les colons. Ce roi marron aimait piller les propriétés esclavagistes, brûler les cultures et libérer les esclaves. Mais il était surtout connu pour sa virulence et son côté impitoyable. Un soir de 1748, pour fêter l'avènement de son ami et compatriote Chef Baal à la tête de l'Empire, il fit une descente sur la propriété esclavagiste d'un certain Shmidt. Diamparé finit par le crucifier sur sa porte d'entrée, en lui coupant les oreilles et les mains. Tout en libérant les esclaves avec l'aide de son lieutenant de toujours : Pyram ou Pire-âme. Ce dernier choisit son nom pour signifier sa place à la droite du Diable (Diamparé), comme un pied de nez aux colons.

Une histoire très connue est celle du chasseur de marrons Touchard. Ce dernier jura ivre devant Mussard, qu'il allait être le premier à capturer Diamparé. Les marrons avaient l'habitude de placer des espions en ville, l'histoire arriva donc aux oreilles du Roi mozambicain. En rentrant chez lui, Touchard eu la surprise de voir sa famille ligotée avec un Diamparé joyeux qui mangeait dans sa maison avec Pyram. Les deux marrons et leurs soldats finirent par mettre le feu aux champs et partirent avec les animaux de Touchard. A la fin, le roi se retourna vers un Touchard ligoté et se présenta en disant : « J'ai appris que tu me cherche, je suis Diamparé ».  Le Roi Diamparé siégeait sur la montagne de Bonnet le Prêt  à Cilaos capitale des marrons.

 

2- Le Roi Phaonce dit l'étrangleur :

Lui aussi était la hantise des esclavagistes. Lui aussi d'origine mozambicaine, il siégeait tout comme Diamparé, au conseil des Rois de Cilaos. C'est son ami et compatriote Chef Baal qui l'intronisa à la mort de l'empereur Pitré, à l'âge de 96 ans en 1748. Phaonce était un grand solitaire qui siégeait au Gran bénaré, il vivait dans sa caverne et en sortait pour allait se ravitailler. Il était très craint car il aimait étrangler ses victimes. Quand il rentrait sur une propriété, les chances de survie des esclavagistes descendaient à 0... 

 

3- Le Roi sorcier Mafati :

Le Grand Sorcier de L'Empire sous l'ère de l'empereur Baal. Medecin malgache résidant à la Rivière des Galets, avec sa femme Raharianne. Mafati était moins virulent que Diamparé et phaonce, il était beaucoup plus posés. Néanmoins il faisait peur aux colons et surtout aux soldats. En effet, l'apparence du sorcier se composait d'ossements en boucles d'oreilles et colliers, récupérés sur les cadavres de soldats, miliciens ou chasseurs. Son chapeau pointu acheva de lui donner une apparence effrayante, pour les blancs de la colonie. Il était dit que Mafati était en connexion directe avec Zanahary ou encore Zanaar, le Dieu des marrons.

 

4- Le roi Tsymandevo :

Son nom traduit sa personnalité, Tsymandevo veut dire "non-esclave" ou encore "insoumis". D'origine malgache, mari de la reine Marianne dit la Terrible, lui et sa femme faisaient la paire, dans la terreur qu'ils inspiraient aux soldats et chasseurs de noirs. Tsymandevo siégeait au Piton Dorère à la tête de 100 guerriers marrons. Il siégeait aussi avec sa femme au conseil des Rois de Cilaos. Tout comme Marianne, il n'aimait pas faire de prisonniers...

 

5- L'Empereur Baal dit Chef Baal :

Celui-là a fait le cauchemar des colons de toute l'île. Deuxième empereur de l'empire marron et premier empereur mozambicain. En 1748, lorsqu'il hérite du territoire impérial à la mort de son mentor Pitré, l'empire recouvre 80% de l'île de la Réunion. Avant son couronnement, Baal était à la tête de 500 guerriers. Pour fêter son avènement et allant contre les conseils de son Grand Sorcier (Mafati), Baal mena une expédition punitive sur la ville de Saint-Leu, à la tête de 248 soldats marrons. Cette descente surprise en 1748, obligea les colons à fuir la ville par la mer. Baal et ses soldats pillèrent Saint-Leu. Il prit le pouvoir en s'imposant avec 1500 hommes (1000 guerriers de Pitré ralliés à sa cause) et le soutien des Rois mozambicains. Il établit Cilaos comme capitale officielle de l'Empire, il encouragea la militarisation des marrons et divisa l'Empire en plusieurs départements.

Baal se déplaçait à dos de Bouc qui représentait la virilité chez les mozambicains de la Réunion. Mais inconsciemment ce geste avait aussi un rapport avec le Dieu Bélier, honoré par les Negus (empereurs) d'Erythrée et d'Ethiopie. En effet son nom serait originaire d'Abyssinie, la région d'Afrique Australe regroupant les deux pays cités. Sachant que le Nord du Mozambique  la région des Makwa de la Réunion   a toujours connue une forte immigration abyssinienne. Baal soignait 30 chiens, typés molosses, dont il se servait pour dévorer les soldats qu'il capturait. L'Empereur avait aussi aménagé une fosse sacrificielle dans laquelle il avait l'habitude d'exécuter les miliciens, soldats, colons capturés ou même les traîtres. C'est d'ailleurs sous Chef Baal que la législation évolue pour les marrons, la traîtrise donnait droit à une condamnation à mort. Tous ces faits furent décrits lors du procès verbal du marron capturé Farlha, lors de son interrogatoire par les autorités coloniales.

 

 

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